2021 – MACADAM CIRCUS

de Thomas Depryck (inédit)

Création du 19 mai au 12 juin 2020 – En extérieur dans la cour du Petit Varia – du mercredi au samedi à 19h00

 

C’était avant la pandémie, bien avant. Thomas avait écrit cette histoire d’un type qui croise en rue un éléphanteau qu’il est le seul à voir. Un type qui ressemble beaucoup à Thomas, comme souvent dans ses histoires, et ça m’avait bien plu. J’avais été ému par la réflexion sur la transmission dans un monde où tout s’effondre et j’avais ri franchement à ces dialogues percutants.

On a d’abord pensé mettre sur scène tout ce qu’il y avait dans le texte : l’homme, la femme, le fils, un éléphanteau et des personnes qui commentent. Et puis – mais c’était avant la pandémie, bien avant – je me suis dit qu’on entendrait mieux cette histoire si tout ça nous était raconté après que tout s’était effondré, ou comme si tout s’écrivait ou devait s’écrire.

Qu’on entendrait mieux si tout avait disparu, ou si rien n’existait, autour de ce type. Tout : sa femme, son fils, l’éléphanteau, les personnes qui commentent, mais aussi la scène, le gradin, le théâtre même, son bar, ses régisseurs, ses ouvreuses, tout. Pour qu’il ne reste tout de même pas complètement rien, il fallait juste garder le type qui ressemble à Thomas, alors on a proposé à Axel.

Thomas et Axel ne se ressemblent pas tellement (même pas du tout) mais ils rigolent aux mêmes blagues et c’est toujours agréable de parler avec eux. Il fallait aussi trouver un endroit où ce type seul se serait réfugié, après une immense catastrophe, pour raconter son histoire d’éléphanteau qui est en fait une histoire de transmission.

Au fil du temps, c’est un rituel que nous avons fini par élaborer avec Axel. Un rituel élaboré avec minutie autour du somptueux album Ghosteen de Nick Cave et de l’univers de la boxe. Un rituel à la fois musical et physique, contemporain et cathartique. 

C’était bien avant la pandémie et on s’est dit que, cette histoire-là, on voulait la raconter à de plus petits groupes que d’habitude. Que cette histoire-là, il fallait la raconter sans trop porter la voix. 

Tout ça c’était bien avant mais on va vous la raconter maintenant, cette histoire, dans une cour, la cour du Petit Varia, qui sera comme une ville en miniature, ou un appartement en plein air.

Et ça commencera comme ça : « Lettre à mon fils. Cher enfant… », et on verra bien comment ça se termine.

antoine.

 

Réservations via le site du Varia

Equipe

Antoine Laubin : Mise en scène, scénographie et lumières
Axel Cornil : Dramaturgie et jeu
Camille Lefèvre : Production
Quentin Simon : Assistanat à la mise en scène

Extrait du texte

C’est ça tu te dis, c’est bien ça. C’est ça qu’on va retenir.

Que tout aura été de mal en pis, que tout aura été foutu en l’air, que tout aura été lamentable, et des salles entières de musées seront destinées à démontrer à quel point cette époque a été stupide.

Tu te dis : nous sommes stupides.
Tu te dis : c’est formidable d’être à ce point stupide.
Et puis tu regardes ton fils, et tu as honte.

Création

Cour du Petit Varia - Bruxelles (BE) : 19 mai - 12 juin

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